Le Pool économique de la République de Guinée fait front commun, et cette unité de doctrine est un atout de poids face aux institutions de Bretton Woods. Le lundi 15 juin 2026 à Conakry, Madame la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a lancé les séances de travail avec la mission d'experts du Fonds Monétaire International (FMI).
Introduite par M. Wautabouna Ouattara, Administrateur de la Guinée auprès de l'institution, cette délégation entame deux semaines de négociations. L'enjeu est de co-construire un programme économique et financier formel, en parfaite adéquation avec la vision présidentielle du programme souverain Simandou 2040.
L'union sacrée du Pool économique guinéen
Pour aborder ce grand oral financier, le gouvernement a préparé le terrain. Le 12 juin, sous la coordination du ministre du Plan, Ismaël Nabé, de la Ministre Mariama Ciré Sylla et du Gouverneur de la Banque Centrale (BCRG), le Dr Karamo Kaba, le Comité de cadrage budgétaire a validé le document provisoire couvrant la période 2025-2027.
Cette harmonisation des données nationales coupe court aux habituelles divergences statistiques entre ministères, qui fragilisaient autrefois la position de l'État lors des audits internationaux. Désormais, la trajectoire économique s'aligne rigoureusement sur la nouvelle Loi de programmation 2026-2030 adoptée par le Conseil National de la Transition (CNT).
Dès les premières séances de travail, le Gouverneur de la BCRG a exposé des fondamentaux économiques solides :
- Une croissance supérieure à 8 % : Une performance qui positionne la Guinée parmi les économies les plus dynamiques du continent, malgré la hausse des coûts logistiques mondiaux et les tensions géopolitiques.
- Une inflation maîtrisée : Le niveau projeté reste conforme aux stricts critères communautaires de la sous-région.
- Des réserves de change consolidées : Un matelas financier qui permet de maintenir le risque de surendettement public à un niveau jugé « modéré » par les instances d'audit.
Rétrospective 2021-2026 : De la gestion de crise au déploiement structurel
Ce programme en négociation s'éloigne radicalement des Plans d'Ajustement Structurels (PAS) contraignants des décennies passées. Le partenariat développé entre Conakry et le FMI s'articule autour d'une logique de co-construction et de résilience face aux chocs exogènes et endogènes.
L'institution financière a d'ailleurs prouvé sa réactivité lors de la catastrophe de décembre 2023 (l'explosion du dépôt d'hydrocarbures de Kaloum) en débloquant dès mai 2024 une Facilité de Crédit Rapide (FCR) de 71 millions de dollars. Ce soutien direct a été complété fin 2025 par le Fonds pour la résilience économique locale, finançant des microprojets pour les femmes et les jeunes filles des ménages sinistrés de Kaloum.
Pour la période 2026-2030, l'assistance technique se déplace vers l'optimisation des ressources internes. Les experts de la Cellule Technique de Suivi des Programmes (CTSP) et ceux du FMI travaillent sur la digitalisation des procédures de déclaration fiscale et sur l'encadrement de la fiscalité minière de Simandou, garantissant que les revenus d'extraction soient immédiatement convertis en infrastructures routières, sanitaires et éducatives.
