La souveraineté nationale n'est qu'une illusion sans souveraineté alimentaire. Pendant des décennies, l'agriculture guinéenne a souffert de fragmentations structurelles majeures, laissant les petits exploitants à la merci de réseaux d'intrants opaques, de coûts de production prohibitifs et d'une dépendance chronique aux semences importées.
Ce mois de juin 2026 marque un point de rupture définitif. En agissant en parfaite synergie avec le ministère de l'Agriculture, dirigé par Madame Aminata Kaba, la Chambre Nationale d’Agriculture de Guinée (CNA) quitte les cercles de la bureaucratie pour mener une offensive de modernisation lourde du monde rural.
Les percées opérationnelles de la campagne 2026-2027
L'accélération de la CNA s'est matérialisée par des arbitrages et des déploiements de terrain majeurs au cours des dernières semaines :
1. Le démantèlement des monopoles d'intrants
Ce lundi 15 juin 2026, le Président de la CNA, M. Souleymane Bérété, a signé trois conventions de distribution stratégiques avec le Crédit Rural de Guinée (représenté par M. Amara Kourouma), CST Africat et l'entreprise Yacouba Sacko et Frères. Ce dispositif sécurise l'approvisionnement direct en herbicides totaux subventionnés sur l'ensemble du territoire. En confiant la distribution à des acteurs certifiés, la CNA contourne les circuits spéculatifs pour livrer l'intrant au juste prix aux producteurs.
2. Le choix de la semence locale
Lors du point de presse mené conjointement par le ministère et la CNA, la Guinée a officialisé la fin de l'importation systématique des semences de riz, de maïs, de coton et de pomme de terre. La campagne actuelle donne la priorité absolue aux multiplicateurs nationaux, adossés à des programmes d'analyse des sols et de mécanisation agricole (mise à disposition de machines de location) pour doper les rendements des petits exploitants.
3. L'exigence du suivi-évaluation de terrain
Rompant avec l'inertie des bureaux de Conakry, la section Suivi-Évaluation de la CNA, menée par M. Moussa Camara et M. Mohamed Lamine Doumbouya (Foresterie), a achevé une tournée d'inspection rigoureuse à Benty, Labé et Kankan. L'impact est mesurable : à Sannou et Afia, des hectares de domaines ont été sécurisés par des clôtures industrielles, tandis qu'à Daralabé, un forage solaire équipé de quatre cuves de 5 000 litres permet désormais une production maraîchère continue, s'affranchissant des caprices de la saison sèche.
Simandou 2040 : L'agro-industrie comme industrie lourde
Le jalon le plus stratégique a été posé ce vendredi 5 juin 2026 lors du lancement officiel des projets du Programme Simandou 2040 – Pilier 1 (Agriculture), sous la présidence du Général Amara Camara (Secrétaire Général de la Présidence) et de M. Djiba Diakité (Président du Comité stratégique Simandou 2040).
Représentant l'institution consulaire, la première Vice-Présidente, Madame Madina Dansoko, a rappelé la vision centrale du département : Simandou ne se fera pas sans une souveraineté alimentaire stricte. Les réformes prévoient la création de parcs agro-industriels intégrés et la structuration de coopératives capables d'approvisionner de manière exclusive les bases-vie des géants miniers.
En élevant les standards de production et de conditionnement par le biais de ses interprofessions, la CNA transforme l'agriculture guinéenne en un secteur hautement bancable, capable de substituer durablement les importations et de nourrir la croissance du pays.
