
Simandou 2040 : 50 entreprises françaises à l’assaut du marché guinéen, entre business et diplomatie
Conakry devient, du 30 mars au 1er avril 2026, l’épicentre des relations franco-guinéennes. Sous l’égide de Bpifrance et du Ministère du Plan, une délégation de 50 entreprises françaises s’immerge dans l’écosystème du projet Simandou 2040. Un déploiement de force qui s’accompagne de clarifications majeures de l’Ambassadeur de France sur les sujets qui fâchent : visas et coopération militaire.
C’est un "Parcours Business International" aux enjeux colossaux. Durant trois jours, des patrons français des secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la santé et du numérique vont multiplier les échanges stratégiques au Radisson Blu Hotel et sur le terrain.
1,2 milliard d’euros pour sceller le partenariat
L’engagement français ne se limite pas à des intentions. L’Ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a rappelé que la force du partenariat se chiffre à 1,2 milliard d’euros financés ou garantis via l’AFD (dont le DG Rémy Rioux est également attendu), le Trésor et Bpifrance.
L'objectif affiché par Olivier Vincent, Directeur exécutif de Bpifrance, est clair : "Mettre l’export français au service de l’industrialisation africaine". Il ne s'agit plus seulement de vendre des produits, mais de co-construire des chaînes de valeur locales autour du projet Simandou, véritable moteur de la croissance guinéenne (estimée à 9,5% pour 2026).
Visas et sécurité : L’Ambassadeur Luc Briard met les points sur les « i »
En marge de cette offensive économique, le diplomate français a tenu à répondre aux préoccupations des Guinéens sur des sujets sensibles :
- Le "casse-tête" des visas : Si le taux de refus frôle les 50%, Luc Briard tempère : "La fermeté n'est pas la fermeture". Avec 12 500 visas délivrés l'année dernière, la France affiche une hausse de 43% en deux ans. Les refus seraient principalement dus à la lutte contre la fraude documentaire.
- Coopération militaire : Face aux interrogations sur le rôle de la France, l'Ambassadeur a été catégorique : l'accord de 2014 interdit toute implication française dans le maintien de l'ordre ou la sécurité intérieure. "La France ne peut en aucun cas être impliquée dans des actions de souveraineté nationale", a-t-il précisé.
- Droits de l'Homme : Paris a formulé 5 recommandations lors de l'Examen Périodique Universel, toutes acceptées par la Guinée, marquant une volonté de dialogue sur les libertés fondamentales.
Le rendez-vous du 31 mars au Radisson Blu
Le point d'orgue de cette mission sera le Forum d'Affaires Guinée-France le mardi 31 mars. Ce sera l'occasion pour le secteur privé guinéen de rencontrer directement ces 50 investisseurs pour transformer les ambitions du Plan Simandou 2040 en contrats concrets et créateurs d'emplois locaux.
Alors que la Guinée accélère sa transformation, ce partenariat "d'égal à égal" prôné par Paris sera scruté de près par les observateurs économiques et les citoyens.