
PLFI 2026 au CNT : Santé, Social, Infrastructures... Le grand oral du Gouvernement
C’était un week-end marathon au Palais du Peuple. Samedi 28 et dimanche 29 mars 2026, les membres du Gouvernement se sont succédé devant les différentes commissions du Conseil National de la Transition (CNT) pour défendre le Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) 2026. Un budget de "souveraineté" massivement orienté vers le programme Simandou 2040.
L’Économie fixe le cap : 9,5 % de croissance et le pactole Simandou
C’est la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, qui a donné le ton. Face à 77 questions des conseillers nationaux, elle a défendu des fondamentaux solides : une croissance projetée à 9,5 % et une inflation maîtrisée à 3,5 %.
L'attention s'est particulièrement portée sur le Budget d’Affectation Spéciale (BAS) Simandou. Sur les 1 787 milliards de francs guinéens attendus en 2026, la répartition sera stricte : 25 % pour le futur fonds souverain, 25 % pour l'éducation, et le reste pour les infrastructures structurantes. La ministre a d'ailleurs profité du week-end pour sécuriser le soutien de la Banque mondiale, avec un portefeuille actif de 1,2 milliard USD sur 2025-2026.
Le Social et l'Éducation, grands gagnants des arbitrages
La volonté d'un développement inclusif s'est traduite par des hausses spectaculaires pour les ministères sociaux :
- Action Sociale : La ministre Pauline Adeline Patricia Lamah a défendu un budget en hausse historique de 66,24 %. Cet argent servira directement à la construction de centres d'autonomisation pour les femmes et à la prise en charge des populations indigentes.
- Enseignement Supérieur : Dre Diaka Sidibé a obtenu une hausse de 14 % de son enveloppe pour moderniser les infrastructures universitaires et booster la recherche scientifique.
Santé et Territoire : Des chantiers colossaux
Le budget 2026 se veut également très concret pour le quotidien des Guinéens à l'intérieur du pays.
Le ministre de l’Administration du Territoire, Ibrahima Kalil Condé, a soumis un budget de 2 953 milliards GNF pour poursuivre la décentralisation.
Du côté de la Santé, la ministre Khaité Sall a dévoilé un programme d'infrastructures ultra-ambitieux :
- Construction de 300 centres de santé ;
- Rénovation de 24 hôpitaux préfectoraux ;
- Reconstruction de l'hôpital Ignace Deen et de l'INSE.Le défi majeur restera cependant le recrutement de médecins spécialistes pour faire tourner ces nouvelles installations.
Au-delà des mines : Culture et Tourisme en renfort
Enfin, le ministre de la Culture et du Tourisme, Moussa Moïse Sylla (tout comme le ministère de l'Industrie et du Commerce dirigé par Fatima Camara), a rappelé que la Guinée devait impérativement diversifier son économie. Il a plaidé pour des ressources suffisantes afin de valoriser le patrimoine national et faire de la Guinée une destination touristique de premier plan.